Κυριακή 7 Οκτωβρίου 2018

ARCHEVEQUE JOB DE TELMESSOS ILS REFUSENT DE TROUVER UNE SOLUTION RAISONNABLE POUR REMEDIER AU SCHISME



ARCHEVEQUE JOB DE TELMESSOS

Ils refusent de trouver une solution raisonnable pour remédier au schisme

Le hiérarque souligne que le patriarcat de Moscou rejette tout dialogue et déclare qu'il est étrange que les Ukrainiens orthodoxes ne veuillent pas être sous la juridiction de Kiev.


MARINA ZIOZIOU

L’archevêque Job de Telmessos, représentant permanent du Patriarcat œcuménique auprès du Conseil œcuménique des Églises donne son point de vue sur la question de l'autocéphalie en Ukraine. « Celui qui menace le Patriarcat œcuménique d’effusion de sang, de rébellion et de guerre civile ne sert pas le bien de l'Église et de son unité, mais encourage la division et le schisme », a déclaré le hiérarque d'origine ukrainienne, tout en déclarant que l'octroi de l'autocéphalie par l’Église Mère est proposé non pas comme une « arme » pour déclarer la guerre ou diviser l'orthodoxie, mais comme « médicament » pour guérir un schisme qui a duré trente ans.

Les fidèles orthodoxes sont fortement troublés par le conflit entre le Phanar et Moscou et se demandent comment un différend sur le fonctionnement de l’Église locale peut conduire à la rupture et la scission au sein de l’Église orthodoxe ?
Le Patriarcat œcuménique propose l’autocéphalie en Ukraine non pas comme une « arme » pour déclarer la guerre ou diviser l’Orthodoxie, mais comme « médicament » pour guérir un schisme qui dure depuis trente ans. Après l’indépendance de l’Ukraine en 1991, tous les évêques de l’Église orthodoxe en Ukraine, sous la juridiction du Patriarcat de Moscou, avaient déjà demandé l’autocéphalie au Patriarche de Moscou en 1991 et 1992 afin d’éviter la prolifération des schismes. Malheureusement, le Patriarcat de Moscou n’a pas voulu l’accorder, ce qui n’a fait qu’aggraver la situation. Au cours de ces trente années, le Patriarcat de Moscou croit que pour atteindre l’unité de l’Église, les communautés schismatiques doivent retourner sous sa juridiction. Cette politique de retour est semblable à l’ancienne politique de retour de l’Église de Rome qui a donné naissance à l’uniatisme. Aujourd’hui, la réalité est qu’il y a des millions de chrétiens orthodoxes en Ukraine qui ne veulent pas être sous la juridiction de Moscou pour des raisons compréhensibles. Par conséquent, l’unité de l’orthodoxie doit être sauvée en l’appliquant l’économie canonique et par la grâce de Dieu.

De ce qui est connu jusqu’à présent, il semble pratiquement difficile de normaliser et de mettre en place une Église autocéphale en Ukraine. Il existe des populations orthodoxes russophones en Ukraine qui ne souhaitent peut-être pas appartenir à la nouvelle église locale. Que va-t-il se passer dans ce cas ?
L’autocéphalie transcende le l’éthnophylétisme et le régionalisme en assurant l’unité de l’Église au sein de l’Église locale ainsi que parmi les Églises locales. Elle n’empêche pas de répondre aux besoins pastoraux des russophones, roumanophones, hellénophones, anglophones ou de tout autres croyants qui vivent en Ukraine, et permet d’être en communion avec Constantinople, Moscou et toutes les autres Églises orthodoxes locales.
Il ne faut pas oublier que l’Église orthodoxe est une, parce que c’est le Corps du Christ. Par conséquent, il n’est pas possible de diviser le corps de Christ. L’Église appartient au Christ et non à Constantinople, à Moscou, à Kiev ou à quiconque d’autre. Pour moi, il est un peu étrange que des orthodoxes vivant en Ukraine ne veuillent pas être sous la juridiction de Kiev mais sous la juridiction de Moscou...

Le métropolite de Kiev Onuphre a refusé de rencontrer les deux exarques du Patriarcat œcuménique et semble aller de pair avec le Patriarcat de Moscou. S’il s’en tient à cela son poste sera remplacé ? Comment les paroisses qui sont présentement sous sa juridiction seront-elles transférées dans la nouvelle Eglise autocéphale ?
Le Patriarcat œcuménique envoyé en Ukraine deux exarques pour mener un dialogue constructif entre les différentes entités ecclésiales au sein de l’Orthodoxie ukrainienne profondément divisée afin de restaurer l’unité du corps ecclésial. Nous regrettons profondément que les hiérarques relevant du Patriarcat de Moscou rejette totalement tout dialogue et toute rencontre avec eux. Cela peut indiquer leur refus de trouver une solution raisonnable pour remédier au schisme ecclésial en Ukraine. Sans aucun doute, derrière ces agissements sont des ambitions politiques dictées non pas à Kiev mais au Kremlin, alors qu’il y a un danger non seulement de faire accroitre le schisme en Ukraine, mais aussi de contribuer à la fragmentation de l’Orthodoxie. Il est donc du devoir du Patriarcat œcuménique de veiller afin de ne pas perdre cette unité. Nous espérons que nos frères du Patriarcat de Moscou retrouvent rapidement la raison et entrent en dialogue avec eux, de même qu’avec les représentants des Églises schismatiques, afin de trouver une solution et de restaurer la canonicité ecclésiale en Ukraine.

Nombreux sont ceux qui affirment que le nouvel ordre des choses qui suivra sera probablement accompagné de réactions immédiates combinées à la guerre dans les provinces orientales de l’Ukraine. Le Patriarcat œcuménique peut-il veiller à ce que tout se passe bien et dans le calme ?
Il est inacceptable de maintenir pendant plus d’une génération des millions de chrétiens orthodoxes dans le schisme. Quiconque menace le Patriarcat œcuménique d’effusion de sang, de rébellion et de guerre civile ne sert pas le bien et l’unité de l’Église, mais encourage la division et le schisme.

Le schisme des Églises d’Orient et d’Occident est survenu principalement pour des raisons dogmatiques. Le Patriarcat de Moscou s’y réfère fortement concernant la question ukrainienne. Qu’est-ce que cela signifie et cela est-il justifié?
Vous avez raison de rappeler que la principale raison de la division entre l’Orient et l’Occident était purement dogmatique. En raison de l’ajout du Filioque au symbole de la foi, les Grecs accusèrent les Latins d’avoir introduit une nouveauté dans la foi. Ce n’est pas le cas de l’Ukraine.
Les gens peuvent comprendre que le schisme ecclésial en Ukraine n’est pas dû à un problème théologique, mais un problème canonique. Il n’est pas juste d’accuser qui qui ce soit d’hérétique et de faire des menaces comme quoi l’octroi de l’autocéphalie créerait un schisme encore plus grand que celui de 1054.